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La compagnie a dispensé un atelier de 12h avec des élèves sujet à des difficultés d’apprentissage / SESSAD -TSLA à Compiègne.

Intervenant : Loïc Carcassès

Bilan de l’intervenant : J’ai eu l’occasion de tenir l’atelier théâtral pour les enfants du S.E.S.S.A.D. le mercredi après-midi de 14H à 16H de fin mars, à peu près, jusqu’à fin juin avec une représentation devant les proches des enfants pour le dernier jour.

Quand j’ai commencé les cours avec eux, certains étaient d’une grande timidité qui entraînait une communication, loin d’être compliquée car les enfants étaient tous très gentils et à l’écoute, mais complexe car ils avaient du mal à s’exprimer et à utiliser le langage de la parole ou alors avec une élocution restreinte.
En arrivant on m’a fait part également de la solitude de certains, plus ou moins importante, dans les autres milieux sociaux que le cadre du S.E.S.S.A.D.
Théo Hurel, quant à lui, m’avait entretenu de l’imaginaire inexploité chez ses enfants, en tous les cas un imaginaire qui ne dévoilait pas. J’ai pu m’en rendre compte effectivement assez rapidement suite à quelques exercices très simples.
Pendant toute la période où j’ai pu être avec eux, je leur ai fait essentiellement travailler le chœur, la prise de conscience qu’ils ne sont pas seuls mais un tout, chacun devenant le coryphée à un moment ou un autre. Nous avons travaillé, avec des exercices basiques, la prise de parole avec l’autre : l’adresse, le regard, ainsi que de nombreux jeux permettant de développer l’imaginaire et les personnages.
Nous faisions en règle générale ces exercices de façon régulière voir systématique, et bien entendu à la demande des enfants, il me paraît donc important de vous faire part de leur progression :
– Pour le travail de chœur ils n’étaient pas forcément ensemble au début, très vite déconcentrés, et en grand manque d’imagination à première vue mais je suis sûr aujourd’hui que ce n’était que de la timidité dû à un apprentissage des codes théâtraux, à savoir : la liberté d’expression.
Je demandais à un coryphée d’inventer un geste que les autres reproduiraient. Il était compliqué, surtout pour les plus petits, de produire un geste sans démonstration de ma part, et le chœur était dissonant quant à la reproduction de ce geste.
Petit à petit, les enfants se sont libérés. Ils inventaient leur son, leur geste et même commençaient à créer des situations en groupe. Quant à l’écoute du coryphée avec le groupe, et l’écoute du groupe en lui-même, elle était plutôt harmonieuse et chorale.
– Pour les exercices d’adresses et prises de paroles, au début les regards étaient fuyants, les paroles peu audibles ou peu compréhensibles, pas assumées ou timides. A la fin, pour tous les enfants, de 6 à 14 ans, le regard était net et assuré, la parole franche et compréhensible, l’adresse était concrète. L’exercice a pu même évoluer grâce à leur progression considérable.
– Pour l’imaginaire et le travail de « personnage », c’est-à-dire la compréhension que sur la scène on joue un rôle, est pour moi l’une des plus grandes progressions, car on pouvait faire de petites improvisations tous ensemble avec des rôles bien précis.

Ce dernier point me permet de parler de la présentation du mois de juin. Les enfants ont tout d’abord fait un travail remarquable, une belle représentation pleine de joie.
Ils ont tous appris, en fonction de leur âge, un texte assez considérable. J’ai pu demander au plus grand un vrai travail de personnage, dans leur mesure, avec une exigence que l’on pourrait demander à un comédien amateur confirmé. De très belles qualités de comédiens sont ressorties.
Pour les plus petits, ils jouaient des émotions et rentraient très bien dans les situations. Avec des fois des présences déconcertantes sur le plateau, pleines de vérité. Ils prenaient bien conscience de l’espace, des uns et des autres, de ne pas gêner son partenaire, de laisser l’espace de la parole à l’autre, du rôle, du placement… Et ils s’entraidaient, ce qui est pour moi je l’avoue une belle récompense, cette prise de conscience de la nécessité de l’aide mutuelle et du travail d’équipe.

En ce qui concerne cette présentation en elle-même, je trouve que c’était une très bonne idée, car j’ai vu les enfants stressés avant la représentation, certes, mais heureux d’accueillir leur proches et excités à l’idée de donner cette représentation pour eux. Certains avaient même invité des amis de classes. Il étaient fier d’eux.
Le point négatif, c’est la pression qu’ils ont pu avoir, peut-être, sur leurs épaules, pendant les répétitions dû à l’exigence du texte demandé par les éducatrices.
Mais je comprends leur intention, elles voulaient démontrer ce qu’elles voient en ces enfants : les capacités qu’ils ont, et surtout les montrer aux familles de ces enfants. D’ailleurs je trouve totalement scandaleux que pour certains de ces enfants on espère qu’ils iront jusqu’au brevet. Le fait de ne pas voir plus loin pour eux est pour moi consternant, surtout vu le potentiel et les capacités qu’ils détiennent et qui est loin d’être moindre face à un autre enfant. – Bref.

Pour conclure je suis heureux d’avoir pu les rencontrer et participer à leur épanouissement le temps d’un instant. Je me permets de dire ça car je crois que c’est le cas.
Et d’autant plus heureux, d’avoir vu des enfants qui ne parlaient presque pas en mars et qui me raconter des histoires en juin, d’autres qui restaient dans la solitude sans prendre la parole en société et les voir sur scène incarner un rôle de façon très généreuse et une prise parole devant 40 personnes de manière remarquable. Et pour finir, d’avoir reçu des remerciements de proches qui avaient remarqués des progrès considérables dans la vie quotidienne en famille ou à l’école de leurs enfants.

 

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