Quand j’aurai mille et un ans – Presse

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La presse en parle


2018

« 10H25/ QUAND J’AURAI MILLE ET UN ANS/ 11 GILGAMESH BELLEVILLE/THEATRE/ Une pièce de science-fiction sur l’allongement de la vie à partir de l’homme augmenté, par trois jeunes comédiens dans un joli décor futuriste. Dans une maison sous la mer, une vieille chercheuse en biologie entre une jeune sportive de haut niveau qui essaie de battre son record en apnée, un jeune garçon, produit de la science, prévu pour durer 1000 et un an, et un oursin phosphorescent du fond des abysses. Pour les jeunes adolescents, à partir de 12 ans, qui adorent. RESERVER »

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Le texte de Quand j’aurai mille et un ans ayant été retrouvé un extremis (voir Un grand éclat de théâtre pour commencer ci-dessous), la compagnie des Lucioles, venue en voisin de Compiègne et familière du Mail (dernièrement avec Qui rira verra), a pu faire entrer les centaines de jeunes scolaires dans la grande salle du Mail dans le mystère de l’âge, de la durée de vie des humains, voire de l’immortalité.

Le propre de Jérôme Wacquiez, directeur des Lucioles, est de travailler avec un auteur, dans ce cas Nathalie Papin, auteure de Qui rira verra. Elle déclare être entrée dans une nouvelle étape d’écriture. Au lieu de partir de l’imaginaire, elle veut prendre pour base le réel.

Parlant de cette nouvelle pièce elle a écrit : « J’ai demandé à des enfants s’ils aimeraient avoir, à côté d’eux, une personne de leur âge d’une autre époque. Et un enfant m’a dit : « Moi, j’aimerais être à côté d’un enfant du futur… ». Et voila, c’est parti de cette phrase simple. Qu’est-ce que c’est un enfant du futur, comment peut-on se le représenter ? Une jeune femme m’a dit aussi : « De toute façon, l’enfant qui aura mille ans est déjà né… »

La fille entre le garçon qui vivra 1001 ans et la femme qui en a déjà vécu 125.

Cendi, s’échappant d’une guerre un vieux bateau, se sauve du naufrage parce elle sait retenir son souffle pendant vingt-deux minutes – et se trouve dans un étrange couloir sous-marin. Elle qui a onze ans et qui rêve d’atteindre 117 ans y rencontre un garçon qui doit vivre mille et un ans, et une femme déjà âgé de 125 ans. A la fin, elle prend un grand souffle, quitte le sous-marin et nage vers la surface de la mer.

Dans une scénographie de [Anne Guénand] à la fois éloquente et symbolique, faite de cerceaux formant quelque chose comme une station de Métro, avec des images de l’océan et ses extraordinaires créatures projetées au fond, trois comédiens-danseurs portent l’histoire et ses réflexions. Basile Yawanké bondit avec l’énergie qu’il faudra à son personnage pour arriver à son mille-et-unième anniversaire. Makiko Kawaï, au visage à la japonaise et dont la longue chevelure blanche (une perruque, peut-on penser) devient presque un quatrième personnage, ne dit pas un mot, mais émet des sons chantés et, comme si elle vivait simultanément les différents âges de ses 125 ans, alterne une vieille femme au dos voûté et à la démarche difficile et une naïade dansante.

Il est notoirement difficile pour un adulte de jouer un enfant, de montrer la franchise énergie et la naïveté sans tomber dans les facilités de l’espièglerie et des gestes saccadés. Alice Benoit (un des inspecteurs de la chasse au livret de la veille) s’en sort honnêtement. Elle a bien observé les comportements enfantins ; ses propres sensations pourraient encore l’enrichir.

Denis Mahaffey

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2017